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Article | Les dangers de la "marchandisation" de la culture

La Libre Belgique publie un entretien avec François Mairesse, docteur en muséologie, spécialiste de l’économie des musées et directeur du musée de Mariemont. Un enjeu essentiel en politique culturelle est celui de la marchandisation de la culture. Elle est en marche, appuyée même par l’Union européenne qui entame, ces jours-ci, une réunion sur "les industries culturelles", une expression qui eut fait hurler Malraux ou les philosophes Adorno ou Hanah Arendt, mais qui est devenue une évidence et un même un atout. La culture peut générer des emplois, des retombées économiques, du tourisme. Tant mieux. Et la dèche dans laquelle se trouvent de plus en plus d’acteurs culturels, due aussi à la multiplication de l’offre, les force à trouver de nouveaux financements qu’ils trouvent en créant des "produits culturels". Mais cette marchandisation a ses dangers. La culture se juge, aujourd’hui, à ses retombées, au prix d’un artiste sur le marché, aux scores des expositions, comme si une grande fréquentation devenait la seule clé pour les juger. L’Etat se met à croire que seuls les événements culturels rentables, attirant du monde, sont valables et le dispensent en plus d’une partie de ses obligations. L’audimat déboule dans le champ culturel. Les grands musées louent leurs tableaux, les boutiques des musées s’agrandissent, etc. Au point d’oblitérer les petits musées, de mettre en péril la création et le risque, de négliger le travail vers des publics différents (enfants, immigrés, etc.). Au risque aussi de pénaliser les collections et la recherche. Lire la suite
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